Le Japon (en 2001 et en 2006)

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Le Japon, pays du soleil levant… et des arbres sacrés…

Le grand départ, 15 Mars 2006. Merci à JIPANGO et Air France.

Bonjour à tous,
Amis des arbres,

Revenir une deuxième fois au Japon est un plaisir mais aussi un challenge, car ne pas parler ou lire le Japonais relève d’un défis quotidien.

Mais en général les Japonais sont très accueillants et savent rendre des services, peut être inquiets du devenir de leurs hôtes. Vu que j’étais déjà venu au Japon en 2001 pour mon livre des arbres vénérables, j’avais pu lier des contacts et garder quelques relations. Mais le temps passe et les gens bougent, déménagent, changent d’adresses emails….Alors ces contacts peuvent s’effacer… l’amitié avec…?

Mais à chaque jour nouveau, de nouveaux liens se tissent, créant de nouvelles aventures.

Je suis arrivé au Japon avec seulement 90.000 yen, soit 800 euros!! C’est un sacré challenge!! Un café au lait coûte en moyenne 400 Yen ( 1 euro = 141 yen) et un petit repas entre 600 et 1000 yen! et on a encore faim. Les moins chers hôtels sont à 5000 yen, mais je préfère l’aventure et donc les rencontres entre japonais. Certains m’ayant invités chez eux. Je les en remercient tous grandement et avec respect! Mama san, Hiroshi, Echiko, Takahashi Shigeo & Suzuko, Otsiguru Kagimoto, Hiroshi Takeda, Professeur Watanabe, Susumu et sa famille, ….

Buttercups café – Kyoto (2006)

 

En 2001, j’avais exposé mes images et fait un diaporama à Buttercups Café à Kyoto. J’avais gardé contact avec eux. Ma nouvelle venue à Kyoto a fait que j’ai été hébergé de nouveau par eux, par Mama san et sa famille. Un grand merci leur est dû. (adresse : Sakyô Ku – Jyôdoji – Shimo Banba – Chô 103 – Tel (075) 751 7837)

 

Buttercups Café est un petit café de 20 m de long et 4 m de large, et Mama san fait la cuisine dans une coin de sa cuisine.

Buttercups café – Kyoto (2006)
Buttercups café – Kyoto (2006)
Buttercups café – Kyoto (2006)
Buttercups Café

Sakyô Ku – Jyôdoji

Shimo Banba – Chô 103

Tel (075) 751 7837

京都市左京区下馬場町103

Buttercups café – Kyoto (2006)
Buttercups café – Kyoto (2006)
Buttercups café – Kyoto (2006)
Buttercups café – Kyoto (2006)
Buttercups café – Kyoto (2006)
Ryio

Mais si je suis au Japon c’est aussi le destin et la chance qui le veulent, ayant gagné un billet d’avion avec l’asso Jipango et Air France. Alors il me faut en profiter même si c’est pas facile et mettre tous les atouts de mon côté pour faire connaitre le projet de classement des arbres vénérables au Patrimoine  Mondial.

D’ailleurs le texte de l’appel a été traduit en Japonais par un professeur d’écologie forestière de l’Université de Kyoto, le professeur Hiroshi Takeda. Merci aussi à une très sympathique secrétaire (Eiko) de l’Université de m’avoir mis en relation.

地球遺産として森厳なる樹木

老齢な樹木は、人間が生きてきた以上に長い期間地球に生きてきている。

千年に及ぶ樹齢の樹木が生き延びてきている。これらの老木は、嵐や、伐採、火災、さらに人々の無関心のもとに生き延びてきたのである。

あるものは、人間を幾世代も見続けてきた。

そうした老木は、我々の過去の目撃者でもある。もう既に、地球からは消え去った90%の森林のなかの生き残りである。

老木は、尊厳に値する。それは、老賢人に与えられると同じ尊厳である。

それにも関わらず、世界の森林、砂漠の広がり、山岳の斜面に生えているそれら老木を忘れがちであ。

もっと悪いことには、警告もなくそうした老木が伐採されている。

それらの老木に尊厳を払え、

どこにでも、そうした老木の生に関心ある集団を見つけることから始めよう。それは、人間の友愛の方法を導くことができる。

世界での関心への呼びかけにより,巨大な老樹の「世界遺産」のリストへの加入をUNESCOに申請しよう。

世界のどこにでも、数百年の樹木を見つけることができる、そうした樹木をみることで友達の証としよう。そうした樹木の子孫を保護し、植林することで地球の絆としよう。

樹木に関心のある人は、世界の老木を保護するこの呼びかけに参加してほしい。

みんなで自然を尊ぶシンボルとして、長い間地球に生きてきた老木以上のシンボルはない。

世界中で、この呼びかけを進めよう。

世界中からのこの呼びかけへの署名は、ベブサイトhttp://arbresvenerables.fr に掲載される。匿名の人は、尊重する

世界遺産に老木を加えるための国際的な委員会が設立されるだろう。

すべてのコンタクトと情報は、以下のメールと住所にお願いします

arbres-venerables@orange.fr

Ginkaku Ji temple
Takeda san m’a aussi proposé d’intégrer un de mes diaporamas lors d’un cycle de conférences organisées par « NPO Senior Nature University » d’Osaka. Je parlerai de l’appel des arbres mais aussi montrerais la vidéo sur la déforestation en Tasmanie, laquelle doit se faire connaître au Japon… encore un autre défi à relever, le papier journal japonais venant des forêts pluviales de Tasmanie. Date prévue le 8 avril.

Kyoto est une très grande ville mais je la préfère à Tokyo, elle est entourée par les temples et les montagnes.

Au Japon, la plupart des arbres forestiers plantés sont des cyprès.

Les Arbres historiques sont souvent dans les temples en sachant que la plus part des anciennes forêts du Japon ont été rasées depuis longtemps.

Un beau camphrier (Kusunoki) est même le symbole le l’Université de Kyoto, siégeant à l’entrée principal. On peut se demander comment les arbres historiques ont  pu survivre pendant des millénaires, surtout en voyant toutes les constructions des bâtiments actuels… les religions shintoïstes, bouddhistes et bien d’autres ont permis de préserver quelques arbres anciens dans les temples.

camphrier Université de Kyoto

Et oui les japonais « sacralisent » les arbres historiques, mais par contre, nous pouvons aussi voir le massacre des arbres dans les rues avec les poubelles et câbles électriques. C’est général sur toute la planète. Comme quoi l’humain est le même dans tous les pays.

Sakura – Phylosophical path – Kyoto

Avril et le moment des cerisiers en fleurs commençant au nord et descendant au sud. Il est donc possible avec suffisamment de finances de suivre la progression de l’épanouissement des fleurs blanches et roses. Certains de ces cerisiers ont plus de 500 ans voir 1000 ans comme celui  de Uzuzumi soutenu par des poteaux. C’est un haut lieu de respect de l’arbre.

A Kyoto le chemin Philosophal est le plus célèbre, allant de temple en temple et suivant la rivière. Alors début Avril, les cerisiers se couvrent de leur manteau de fleurs blanches et roses, avant de tomber par millions dans la rivière comme des flocons de neiges. Ils sont de toute beauté, et les japonais font de longs voyages pour venir les voir. Cela ne les empêchent pas de laisser tous leurs détritus dans et autour des poubelles, alors qu’ils pourraient repartir avec! Ils organisent pique-nique et festivités sous les cerisiers. Des moments inoubliables…

Le Yamagata:

Tamasugi

Avant d’être présent à ces festivités, J’ai préféré allé au Yamagata et dans la région de Aomori (tout au nord), pour d’une part retrouver une amie qui m’avait aidé en 2001 (Echiko) afin d’aller voir « Tamasugi » et l’école du village. Cette fois-ci en prenant le train express depuis Kyoto, Echiko est venue me récupérer à la gare d’Atsumi Onsen en compagnie de ses deux enfants Hiro et May. Elle m’a hébergé et avait concocté une soirée de bienvenue avec ses parents, sa soeur et sa tante. La table était remplie d’un repas traditionnel de Sashimis, sushis, tempura, de misso soup, de poissons, de fruits; nous avons passé une fort agréable soirée.

Le lendemain matin, Ils m’ont montré un arbre (conifère) bien tourmenté dont la branche principale fait plus dizaine de mètres et est soutenue par des poteaux. C’est une technique bien asiatique que l’on rencontre dans les jardins zen. Il aurait 400 ans, et pour le préserver, la municipalité a interdit les constructions autour.

Echiko et ses deux enfants (photo réalisée en 2006 ! )

Ensuite nous sommes allés revoir le célèbre « Tamasugi » un cèdre d’environ 1500 ans. Ce fut au moins la 3ème fois que j’allais le voir. A chaque moment, nous sommes en extase devant lui. Il est imposant, domine le village.

 

Tamguchi, Cryptomeria japonica – J’avais demandé à Echiko et ses enfants de se mettre en dessous et « d’embrasser » le cèdre! Surtout pour montrer l’imposante taille de Tamasugi. L’école du village possède même une photo ancienne du cèdre, comme quoi il en sont fiers et le respecte. J’aimerais bien faire un diaporama sous ce Tamasugi, tout en faisant attention à son système racinaire. C’est à envisager dans les jours futurs….

Vous pouvez aussi observer qu’il est entouré par de jeunes arbres car la forêt fut rasée il y a plusieurs années. Il est important de savoir que la plupart des arbres historiques du Japon sont recensés par le Ministère de l’Environnement et par des volontaires. Ces arbres sont classés en tant que Trésors Naturels Nationaux.

Toujours en compagnie d’Echiko,  nous sommes allés à la rencontre des instituteurs de l’école dont Madame Motomé Suzuki, laquelle fut enchantée de me revoir après 5 années passées.

village natal d’Echiko

Puis nous sommes allés au village natal d’Echiko et tout en haut de la colline, poussent de superbes camphriers (kusunoki) dont les troncs et branches s’élancent vers le ciel, défiant les vents venant de la mer du Japon.

Timidité de l’arbre

Nous pouvons d’ailleurs voir la séparation bien distincte entre chaque arbre. Cela s’appelle « La Timidité des arbres« . N’est-ce-pas romantique? D’ailleurs une amie calligraphe et photographe Takahashi Yukiko les photographie.

Prendre soin de ses hôtes:

Les japonais aiment bien prendre soin de leurs hôtes de passage. Ils sont chaleureux, accueillants, serviables. Une bon exemple pour certains français…Mon périple allait donc continuer vers le nord dans la province d’Aomori. Lors de mes voyages j’aime bien suivre la providence, le destin, le hasard des rencontres. Tout en essayant d’apprécier les bons et mauvais moments.

Echiko

Il y a 5 ans, j’étais allé voir le gigantesque Zelkova d’Higassine ( Zelkova serrata ) âgé de 1500 ans. Je l’avais photographié sous la neige. Une ramure superbe…. Il est dans la cours de l’école. Lors de ce premier voyage là-bas, dans le train, bloqué par le neige…. j’avais discuté avec Shigeo et Suzuko Takahashi, lesquels m’avaient proposé leur hospitalité au cas où j’étais par chez eux, dans la ville de Shinjo. J’avais donc gardé leurs coordonnées…

Alors pour retourner en Mars 2006, au près du Zelkova d’Higassine, J’ai demandé à Echiko de téléphoner à Shigeo et Suzuko, lesquels se sont souvenus de notre impromptue rencontre. Ils m’ont ouvert leur coeur et leur maison de Shinjo!!

Shigeo et Suzuko

Shigeo est même venu en voiture (70 km) me récupérer au Musée de l’Amazonie de Tsuruoka, Yamagata (fermé en mars 2015 !). Pas banal ce lieu, ou le conservateur Yoshihiko Yamaguchi san a voyagé en Amazonie et dans bien d’autre pays, puis a rapporté une superbe collection amazonienne. Il parle d’ailleurs le français, l’anglais, le portugais, les dialectes indiens d’Amazonie… et il avait étudié l’œnologie à Bordeaux. Mais il est avant tout, anthropologue.
Il m’a volontiers montré la collection de son musée, suivi d’un bon lunch le temps d’attendre Shigeo.

 

Mont Haguro avec Shigeo

Shigeo et Suzuko Takahashi : Avec Shigeo, nous sommes allés au Mont Haguro et nous avons pu admirer les allées de Sugi (Cryptomeria Japonica ) dont certains sont millénaires et sacrés. On les reconnait entourés d’une corde, laquelle protégerait les esprits et dieux de l’arbre. Il y a aussi de petits temples millénaires construits avec du zelkova ( Keiaki), une superbe pagode et tout en haut de la montagne, une grand temple en réfection.

Histoire du Mont Haguro
Histoire du Mont Haguro:
Histoire du Mont Haguro:

Puis nous avons repris la route pour Shinjo, où en soirée j’ai été accueilli par Suzuko. Tous les deux, ils gèrent leur magasin de riz aussi bien à Shinjo qu’à Tokyo.

Ils ont une maison traditionnelle de quelques années, avec le bureau, le foyer pour préparer le thé, l’autel pour prier les parents défunts de Shigeo.

J’ai dormi dans une chambre traditionnelle avec les tatamis au sol et le futon.  Sans oublier le bon bain chaud dans le « hottub » en bois, chauffé au gaz.
Après un bon repas , j’ai très bien dormis.

 

Totoro
Totoro

Le lendemain, Shigeo m’a conduit au près de « Totoro noki » (Kosugi). Cet arbre magnifique, fait la fierté des citadins de Sakagawa. Ils y organisent un festival de musique chaque année.


Vu de l’extérieur, cet arbre ne prête pas trop d’attention, mais lorsque nous nous sommes retrouvés sous sa ramure…. nous avons pu admirer sa séduisante et majestueuse ramure, colorée par les lichens et mousses, sans oublier la neige qui était bien présente!

Shigeo business card

La ville de Sakagawa a publié un poster montrant quelques arbres historiques de leur région, de leur ville, et un livre a aussi été publié montrant les plus anciens arbres du Yamagata. Shigeo a aussi été fort impressionné par Totoro mais il n’était pas à la fin des surprises de Dame Nature. Shigeo m’a beaucoup aidé. Comme par exemple demander aux autres conducteurs où se trouvait tel et tel arbre! Quelle volonté!

Zelkova d’Higassine

Puis nous sommes allés voir  le grand  Zelkova d’Higassine, cette fois-ci sans la neige (dommage).  En Décembre 2005, une grosse branche était tombée , dû au poids de la neige mais aussi  dû au fait que cette brosse branche était toute creuse, et qu’il n’y avait quasiment plus de bois sain. Voyez par vous-même sur la photo. Shigeo n’était jamais venu voir ce Zelkova. Alors je vous raconte pas son extase devant cette majesté, ce maître de 1500 ans et plus de 15 mètres de tour!! Il est le grand symbole d’Higassine. Plaques d’égout, Lampadaires, étiquettes à Sake en font sa reconnaissance. Il est aussi classé comme Trésor Naturel National.

Zelkova d’Higassine après la chute d’une grosse branche

Le lendemain, ce fut une journée bien cool: banque, poste… et Suzuko m’a cordialement invitée dans une restaurant traditionnel où le propriétaire prépare de bonnes pâtes de Soba que l’ont peut manger froides ou chaudes.

Shigeo et Suzuko croient à mon projet des Arbres Vénérables. Ils m’ont hébergé, nourri, ils m’ont ouvert leur coeur et m’ont aussi offert le train pour aller à Kitakanegazawa dans la région d’Aomori, sur la côte de la mer du Japon. Ils ont aussi acheté mon livre, même s’il n’est pas encore en japonais…avis aux éditeurs japonais!

 

Kitakanegazawa  (Aomori prefecture): mais pourquoi là bas, si loin?

Ginkgo biloba de Kitakanegazawa

En fait, dans ce village de pêcheurs, vit depuis 1200 ans…. un gigantesque Ginkgo biloba (Itcho noki).

Suzuko et Jerome qui reprend le train en direction du Ginkgo biloba de Kitakanegazawa

Suzuko m’a amené au train, à 6h38 du matin!! Direction le Nord du Japon et lors du voyage, j’ai apprécié les quelques beaux paysages montagnards de neige, d’ailleurs pour bien apprécier ces paysages japonais ainsi que le contact avec les gens, il est préférable de prendre le train local. Cela prend plus de temps, c’est bien moins cher, vous vous pouvez descendre où vous le souhaitez, et en plus les fenêtres s’ouvrent!!!

 

paysage

Je suis arrivé en fin d’après midi à Kitakanegazawa et le temps était couvert, alors pour les photos du Ginkgo, ce ne fut pas génial, même en admirant la prestance et la taille de l’arbre. Et oui, il mesure plus de 20 mètres de tour, et possède des mamelons partout sur son tronc, comme des stalactites. C’est superbes. par contre, le lieu pourrait mieux être entretenu. Il y a du laisser-aller…Vu le temps couvert, je souhaitais rester dormir pas trop loin. J’avais pensé retourner dans la ville d’Hirosaki, et dormir à l’auberge de jeunesse pour 4000 yen + 600 yen pour le petit déjeuner, mais en montrant un papier écrit en japonais comme quoi je recherchais une chambre pas cher, différentes personnes m’ont dis que ce n’était pas possible à Kitakanegazawa.

Ginkgo biloba de Kitakanegazawa

Alors j’allais reprendre le train quand une jeune dame est venue en courant à ma rencontre, pour m’indiquer un Riokan (hôtel avec chambre traditionnelle japonaise) pas trop loin. 6500 yen la nuit (diner et petit déjeuner tout compris). Le choix fût rapide!!! En plus le propriétaire est venu me chercher en voiture!!! J’ai pu négocier le prix à 6000 yen, en plus j’étais le seul client de la soirée!!! Quelle chance!!! J’avais aussi la vue sur la Mer du Japon. Et dire que la Corée et la Chine ne sont pas loin…

J’ai aussi apprécié un bon bain chaud, puis un repas de fruits de mer et poisson. Shigeo et Suzuko m’avaient dis de les appeler si j’avais un problème pour expliquer aux personnes ce que je faisais. Ce fut donc le cas pour le propriétaire du Riokan. Alors il m’offrit une bière puis le lendemain il me conduisit devant un cèdre dominant Kitakanegazawa, puis nous sommes allés voir le gigantesque Ginkgo biloba (Itcho noki).

Cette fois-ci avec le soleil était au rendez-vous. J’ai pu faire de belles images. A vous de juger!

Ensuite j’aurais aimé visiter Shirakami, qui est classé au Patrimoine Mondial, mais j’avais peu de temps, peu d’argent et les routes étaient fermées à cause de la neige et des avalanches. J’ai donc repris le train local pour Hirosaki puis le bus pour Morioka. Dedans, j’ai discuté avec une gentille dame qui est dentiste. Elle m’a d’ailleurs fait une petite donation et elle est déjà aller en France 4 fois!

Cerisier de Morioka
Cerisier de Morioka

Mais pourquoi Morioka dans la province de Iwate? Car là-bas un Cerisier bien particulier pousse depuis 400 ans, tout en ayant fracassé et fendu un gros rocher de granite. C’est impressionnant de voir la force osmotique faire son travail quotidien. Avec le temps, les plantes peuvent éclater et fissurer d’immenses rochers. C’est fabuleux.Ce cerisier majestueux est aussi respecté par les citadins. Mais on peut dire qu’il a de la chance de pouvoir encore pousser là, entouré par tous ces immeubles.

Histoire du cerisier:

 

Histoire du cerisier de Morioka

Suite aux photos réalisées, j’ai décidé de marcher plutôt que de prendre le bus. Mais ne voir que des immeubles n’est pas réjouissant. Je recherchais aussi un hôtel pas cher, mais entre nous, je préfère être hébergé par les habitants du pays, c’est comme cela que l’on peut mieux connaitre leur pays, leurs vies, leurs traditions…

Ayant une petite faim, je suis allé dans un petit restaurant de la gare, pour prendre une soupe à 400 yen!!!! Résultat: toute petite soupe, comparé à d’autres lieux où pour le même prix on en a beaucoup plus. Mais un japonais assis à la table d’à côté m’avais avertis tout en rigolant. Nous avons discuté et expliqué ce que je faisais au Japon avec les arbres vénérables.

Vu que je lui avais dis que je cherchais une chambre pas cher, il proposa en compagnie de sa femme de m’héberger gracieusement. De plus, 2 jours avant c’était son anniversaire, et il ne l’avait pas encore fêté…. Alors ce fut la bonne occasion.  Après une petite hésitation, j’ai accepté l’invitation. Il me proposa aussi de me conduire à Sendai le lendemain, ayant l’habitude de voyager. En fait il est commercial pour une entreprise international qui fabrique des moules industriels. Tout un programme.

J’ai été très bien accueilli dans leur  famille et j’ai pu passé un agréable moment en leur compagnie.
Il s’apelle

Vidéo de son anniversaire en 2006 :

Le lendemain de soirée, il a tenu sa promesse, et avec sa femme et un des fils, ils m’ont conduit jusqu’à Sendai!!!! plus de 250 km!!!Encore un sacré exemple pour les Européens. Qui en France serait capable de faire la même chose???

Vu que les Japonais travaillent jusqu’à 60 h/semaine, ces voyages et rencontres les sorts de leur marasme quotidien.

Lors de la virée jusqu’à Sendai, et grâce au GPS de la voiture, nous avons pû trouver assez facilement 3 arbres historiques que je souhaitais photographier: un pin tourmenté, un chêne tourmenté dont l’espèce japonaise possède les plus grandes feuilles  de chêne et aussi un arbre que j’avais déjà photographié:  le Ginkgo biloba de Nigatake, près de Sendai.

Ginkgo de Sendai

Le Ginkgo biloba de Nigatake

 Celui-ci est dans un temple, il est légendaire. l’histoire raconte que les femmes viennent y prier pour obtenir du lait, afin de nourrir leurs bébés. C’est pour cela que le Ginkgo possède comme des mamelles.

Après avoir photographié Suzumu et sa famille sous le Ginkgo, ils m’ont conduis à la gare de Sendai, j’ai décidé de prendre le bus pour aller à Tsuruoka, Yamagata, là où j’avais d’ailleurs rencontré le responsable de l’auberge de jeunesse , qui avait fait des études en environnement à l’Université de Yamagata. Alors comme cela, nous avons pu avoir de belles discussions à ce sujet.

Lyôma Kikuchi m’a montré un vieux cèdre du Japon en montagne, encaissé dans une petite vallée. Je suis resté 3 jours à l’auberge. Lyôma a été très dévoué.

Il m’a aussi amené dans un restaurant traditionnel, ou le propriétaire qui a restauré cette ancienne maison de Samourai, cuisine artisanalement d’excellentes pâtes de Soba. Et je ne vous dis pas le délice de sa glace au Soba ou encore du tofu sucré accompagné de son sirop de sucre brun!

Ce soir-là il y avait un concert de Biwa, un instrument traditionnel fabriqué avec deux bois différents: le mûrier et le buis. L’histoire du Biwa remonte jusqu’en Perse!!! Quel voyage!! Un moment inoubliable, un chant profond venu du temps des Samourais.  Aussi, une jeune indo-anglaise était présente pour enregistrer le son  du pétrissage de la pâte de Soba puis du Biwa. En fait, elle fait des études au Collège d’Oxford sur les Sons.

Vidéos du chanteur et musicien avec le Biwa

Avec Lyôma, le lendemain, il a été d’accord de m’accompagner en montagne dans un petit village, où existe depuis un millénaire une usine, qui fabrique des toiles en fibres de tilleul, pour confectionner chapeaux, sacs, bijoux, tentures murales…. Un travail artisanal fastidieux et superbe. Un chapeau coute tout de même environ 30.000 yen!!! Soit près de 200 euros! Un jour j’espère m’en offrir un vu que je n’ai plus mon chapeau australien! Mon voyage au  nord du Japon se finalisa et qui sait si je n’y retournerais pas un autre jour? ….

 

jardin en fleurs à Kyoto

Retour donc à Kyoto pour admirer les fleurs de cerisiers par millions…. et énormément de touristes venus de parts et d’autres du Japon mais aussi d’autres pays. A Kyoto, je suis aussi en contact avec quelques professeurs dont le Professeur Hiroshi Takeda, le Professeur Watanabe, le Professeur Yukihiro Morimoto, et le professeur Okitsugu Kajimoto. Tous aiment les arbres anciens mais ont une discipline différente. Les arbres les rejoints.

Le professeur Hiroshi Takeda a eu l’excellente idée de contacter l’association « Senior Nature University » pour que je fasse un diaporama le 8 avril 2006. 150 personnes retraitées qui après avoir travaillé de longues années, ont décidé de reprendre des cours d’écologie… Ces 150 personnes de métiers différents, étaient présentes pour écouter le discours du Professeur Watanabe, lequel est spécialisé en forêt tropical de l’Asie de l’Est, et écouter et admirer mes images d’arbres vénérables. Ce jour-là, mon diaporama parlant de l’appel des Arbres Vénérables était principalement dédié à Monsieur Serge Antoine, Un grand homme de l’Ecologie, et qui avait écrit avec moi le texte de l’Appel. Il soutenait mon projet de classement, lequel est d’ailleurs de plus en plus soutenu dans le monde entier. Je l’en remercie. Malheureusement Serge n’est plus! Il est décédé le 25 mars 2006, après avoir lutté contre une année longue et douloureuse…. Merci Serge  et bon voyage sans doute dans le pays mystérieux des arbres que vous aimiez tant!…/…

Sakura, cerisier en fleurs – Kyoto

La prochaine partie du voyage sera les cerisiers en fleurs de Kyoto, J’espère aussi aller dans le Sud du Japon, mais pour cela je recherche des sponsors et mécènes (soyez les bienvenus..) Encore merci à mes amis japonais qui ont fait en sorte de m’aider dans mes voyages au Nord du Japon. Merci aussi aux arbres!!!

Les Cerisiers en Fleurs de Kyoto.

Voici après quelques jours à flâner sous les cerisiers en fleurs quelques images. Le temps n’a pas été idéal pour les photos. Par contre les fleurs sont restées plus longtemps sans doute dû à un climat plus doux et pluvieux. Y aurait-il un rapprochement avec le changement climatique mondial…? Néanmoins (ou pour plaisanter un peu « Nez en moins » …) les gens viennent de différents pays pour flâner sous ces cerisiers, mais je pense que peu d’entre eux les contemplent, les respectent. S’ils les respectaient bien plus, nous ne verrions plus les poubelles débordant d’immondices, de papiers et cannettes en tout genre. C’est fâcheux de voir que ce sont des dames âgées qui nettoient autour de ces poubelles…alors que chaque touriste pourrait repartir avec ses propres déchets. (NB: En France , nous ne sommes pas meilleurs qu’eux, tout au contraire, il suffit de voir au près de nos arbres et sur les quais des gares…..) voici donc pour votre regard quelques images. Désolé, mais je ne peux pas vous offrir le délicat parfum de ces fleurs.

 

IL NOUS FAUT ABSOLUMENT CHANGER NOS FACHEUSES HABITUDES, ARRETER A CE JOUR L’UTILISATION DU MOUCHOIR JETABLE, SERVIETTES EN PAPIER, MAIS UTILISER DES SERVIETTES ET MOUCHOIRS EN TEXTILES. CE SERA UN GRAND GESTE UTILE POUR L’ENVIRONNEMENT!

Diaporama à Doshisha University
Diaporama à Doshisha University

Avant mon départ pour revenir en France, afin de préparer une exposition importante….et des projections, j’ai réalisé, avec l’aide des professeurs de Doshisha University de Kyoto, un diaporama avec plus de 400 étudiants d’écologie et d’économie.

Riyo Okamoto

Je remercie pour cela Riyo Okamoto, une amie japonaise rencontré il y a 7 ans !  dans le train près de Souillac, dans le Lot et que j’ai retrouvé à Kyoto. Elle m’a ouvert des portes, fait connaître l’ancienne maison de son grand-père (maison traditionnelle de Kyoto, à Nishijin), puis a pris contact avec l’Université de Doshishia. Merci aussi au professeur que j’ai interrompu dans le jardin Impérial, lequel nous avait proposé de prendre contact avec les profs de l’Université. Un grand merci aux Professeurs  Yoshihiko Wada et Takeshi Murota qui ont organisé la projection en ma compagnie et celles des élèves.

L’après-midi après la projection, je suis allé acheter quelques cadeaux avant de prendre l’avion pour la France, le lendemain matin.

 

 

Lorsque j’avais pris l’avion entre le Japon et la France en 2001 et en 2006, voici ce que j’ai vu d’admirable, de merveilleux : Ce grand fleuve gelé (vallée du Lobe il paraitrait). Nous pouvons voir un foetus d’enfant, le visge de Lenine ! et un grand profil ! Voyez vous cela ?

 

Mon voyage au Japon en 2001 :

Calligraphie japonaise « Kodama » qui signifie « l’esprit de l’arbre »

Cela faisait si longtemps que je souhaitais venir au Japon pour mieux connaître leurs us et coutumes. Je ne suis pas à l’aise pour vous parler du shintoïsme, du bouddhisme et du zen. D’autres érudits vous en parleront bien mieux.

Mais le Japon est aussi connu pour la vénération autour de ses arbres, les temples construits autour d’eux, les cordes sacrées posées tout autour des troncs gigantesques pour certains, les petits messages d’espoirs et d’amours attachés sur les branches.

Sans oublier l’époque des cerisiers en fleurs qui font bouger des milliers et des millier. Nous avons entendu parlé du Japon sacré mais nous savons aussi que le Japon est un des pays les plus consommateurs de papiers, donc de bois. Avec tout le respect que je porte pour mes amis japonais rencontrés lors de mes différents voyages et pour le respect que j’aurais pour d’autres que j’apprendrai à connaître, il fut important pour moi de venir au Japon, pour sensibiliser le public japonais à l’environnement sans être un donneur de leçon, sachant tout de même qu’ils sacralisent les arbres, les forêts, les rochers, les montagnes, les ruisseaux et les rivières. D’autres parts les multinationales papetières n’hésitent pas à raser des forêts pluviales ou tropicales tout en expliquant au public, par le biais de publicités savamment tournées qu’ils respectent la nature ! Cela est préférable de publier une belle image de forêt originelle que de publier une coupe rase. Mais où va le monde ? Si nous voulons vraiment protéger la planète et nous protéger de la même occasion, il est important de dire la vérité.

Pour arriver au Japon, je n’avais que quelques contacts : celui de l’Alliance française de Sendai, Mike Steppler un ami de la famille Helten de Vancouver, Mme Ono une française vivant à Kyoto depuis 30 ans, et bien sûre un grand ami John Gathright.

A Sendai (Comté de Myagi), je fus accueilli par Nicolas et Corinne Barronnier de l’Alliance française, qui était d’accord que nous organisions un diaporama-conférence, ainsi que d’exposer mon exposition photo, laquelle fut financée par la Saline Royale d’Arc et Senans. Il était question aussi que j’organise une photo sous le plus vieux Ginkgo biloba de Sendai, celui de Nigatake .

ginkgo_biloba_sendai_japon
Ginkgo biloba de Sendai

Le Ginkgo biloba de Nigatake, ou « Arbre aux seins » (Comté de Myagi, environs de Sendai).

Selon la légende, cet arbre, appelé en japonais Itcho, aurait été planté conformément au testament de la nourrice de l’empereur Syômu, à l’époque de Tempyô (729-749). Son tronc se développa et sur ses branches apparurent des excroissances qui, selon la croyance, ressembleraient à des gouttes de lait. C’est pourquoi les femmes désireuses d’avoir plus de lait maternel viennent se recueillir devant l’autel qui a été contruit là.

Shiia sieboldii du temple Syômyô. (Comté de Myagi, sud de Sendai)

Shiia sieboldii du temple Syômyô. (Comté de Myagi, sud de Sendai)

Le temple du Mont Asahi Syômyôji a été fondé il y a environ cinq cents ans ; il possède des bouddhas de bon augure tel que Amidanyori de l’époque du premier Jamakura. L’arbre qui nous intéresse se trouve dans l’enceinte du temple. Il fait partie d’une espèce à feuilles persistantes. Ses racines énormes rampent en tous sens au-dessus de la terre et seraient l’incarnation des dieux résidant là depuis sept cents ans. A une hauteur de deux mètres environ, le tronc principal se sépare en sept ou huit troncs énormes. Les branches s’étalent en tournoyant et leurs feuilles sont très touffues. Quant à l’écorce, elle est formée d’excroissances. Sa noix et le gland se mangent et ont un goût de riz automnal.

Le Cryptomeria japonica d’Atsumi machi-Nishitagawa gun, près d’Iragawa, dans le Yagamata.

Le Cryptomeria japonica d’Atsumi machi-Nishitagawa gun, près d’Iragawa, dans le Yagamata.

La première impression que j’eus de ce doyen de la forêt japonaise fut à l’issue d’un long périple sous la neige, après avoir gravi les escaliers qui y mènent et avoir passé sous la porte sacrée. Magnifique, puissant, droit, tels sont les mots qui me vinrent à l’esprit face à ce vieil arbre, le seul ayant été épargné lors des coupes importantes qui servirent à la construction des temples. Il s’élève à trente-trois mètres avec une circonférence d’une dizaine de mètres et domine le village.Iragawa est un tout petit village au bord de la mer du Japon. Alors que j’allais prendre le prochain bus local, je me suis arrêté dans une petite épicerie, et j’y ai rencontré Katsumi Kato, le directeur d’une compagnie de construction. Il me proposa de venir dans son bureau car sa secrétaire, Echiko, parlait très bien l’anglais. En effet, elle m’aida à contacter l’école du village, car bien évidemment mon idée fut de réunir les enfants sous l’arbre. Quel défi ! La principale de l’école répondit que non, alors ma décision fut prise, je devais aller dans cette école. Echiko me conduisit dans le village en voiture. Dix kilomètres sous la tempête de neige, ce ne sont pas toutes les filles qui feraient cela, surtout avec une personne qu’elles ne connaissent pas.Tout compte fait, la principale de l’école Yamazaki Yamairagawa et un des profs, Motome Suzuki furent d’accord de réunir six enfants, dès que les cours seraient terminés. De plus je leur proposais de faire un diaporama pour tous leurs élèves. En dix minutes, ce fut organisé ! Et soixante enfants m’attendaient pour la projection. Ce fut très émouvant et Echiko était ma traductrice. Suite à cette mini-conférence, les six enfants, Yamazaki et Motome m’accompagnèrent à l’arbre ; malgré la neige, le blizzard, les enfants ont patienté plus de quarante minutes, le temps que je termine mes photos. Pour quelques heures, j’aurais partagé avec eux des moments inoubliables sans oublier le thé, le café et les petits biscuits de bienvenue comme savent le faire les Japonais.

Le Cryptomeria japonica est un peu l’emblème des Japonais, retraçant l’histoire du pays. La plus part des temples ont été construits avec cette essence. Comme pour les Cèdres d’autres continents, c’est un bois imputrescible. Malheureusement, les anciennes forêts de Cryptomerias japonica ont été remplacées par des forêts de plantations de Cyprès. Seuls quelques forêts reliques comme sur l’Ile de Yakushima, au sud du Japon sont protégées.

Zelkova d’Igassine, Yamagata

Toujours dans le Yagamata, j’ai pu admirer près d’Igashine, le Zelkova (Keaki en japonais) (Zelkova serrata) qui est l’un des plus imposants du Japon. Il serait âgé d’environ mille cinq cents ans. C’est une espèce très robuste dont on utilise la souche mère pour planter en Europe des ormes dits résistants. Il mesure plus de douze mètres soixante de circonférence pour une hauteur de vingt-huit à trente mètres. Classé monument naturel national en 1926, il trône dans la cour d’une école.

Zelkova d’Igassine, Yamagata

Comme souvent au Japon, un grosse corde sacrée l’entoure. Et lors d’une procession, une gigantesque cloche y avait été attachée. Dans la ville, on retrouve son effigie dans des motifs en fer forgé attachés aux lampadaires, ou bien sculptée sur les plaques d’égout ou encore sur les étiquettes des bouteilles de saké. C’est le cas de dire : on fait feu de tout bois !

Le cerisier Usuzumi ( Prunus spachiana f.ascendans) de Neo village, Préfecture de Gifu :

Pour avoir réalisé les images de ce gigantesque cerisier je désire remercier mon ami Takeo Ikezawa, que j’ai rencontré au magasin JR Takashimaya de Nagoya alors que j’avais besoin de services divers, tel que restaurer mes chaussures, imprimer des cartes de visites, connaître les horaires de train. Alors j’avais demandé à parler à une personne connaissant bien l’anglais ; Takeo est arrivé et il m’a consacré tout son temps et m’a offert son amitié.

Cerisier de Gifu

Le lendemain de cette rencontre, avec ses amis nous sommes allés voir le vieux cerisier. Ce n’est tout de même pas la porte à côté ! Nous avons roulé 2 heures et la neige était au rendez-vous. Nous avons passé un excellent moment. Je me souviens bien du chien Shiba-inu qui patientait bien tranquillement contre un des fameux distributeurs de boissons chaudes ou froides, que vous trouverez partout au Japon, de jour comme de nuit, en montagne comme dans des lieux presque désertiques, et en ville bien sûre. Pas besoin de thermos !

Takeo Ikezawa et ses parents en 2001

Après mes expéditions sur Kagoshima, Yakushima, Takeo et Kyoto, je suis revenu à Nagoya pour aller à Takayama et Himi et surtout pour rephotographier le cerisier Usuzumi. Je suis donc allé revoir Takeo, et il s’est spontanément proposé de me conduire là-bas, et cette fois-ci avec ses parents. (Un bon prétexte pour sortir de la ville).

 

Cerisier de Gifu

 

 

 

Cette fois-ci, les cerisiers étaient tous en fleurs ! Quel fabuleux spectacle ! Les Japonais, chaque année, s’empressent de partir en week end prolongé pour aller admirer les myriades de fleurs des cerisiers que l’on nomme Zakura.

Le cerisier Usuzumi de Neo village aurait près de 1500 ans, son tronc mesurant 9,91 mètres de tour, et ses branches ont une envergure de 27 mètres. Le 12 octobre 1922, le Gouvernement le classa Trésor Naturel National de part sa valeur historique et sa taille gigantesque.La Légende raconte que le cerisier Usuzumi aurait été planté 1500 ans auparavant par le 26ème Emperreur Keitai ( comme écrit dans le Masumitantoushou, un ancien livre d’histoire japonais), fils du 23ème Empereur Kenso. Comme il fut impliqué dans une bataille pour succéder au trône, il alla se réfugier très haut dans les montagnes, aux alentours de Mino, Neo village.Pendant des années, il vivait difficilement jusqu’au jours où un messager impérial vint avec une grande nouvelle: pour ces 29 ans il devint le 26ème Empereur Keitai. Alors avant de quitter Neo, il planta un cerisier en commémoration de son acession au trône et pour remercier la gentillesse des gens locaux.En 1910, alors que ce cerisier fut si apprécié par beaucoup de personnes et pendant des années, une violente tempête de neige cassa en premier le tronc, puis d’autre endroit de l’arbre. Le gouvernement local de Neo utilisèrent différentes solutions pour le sauver mais en 1948, cet arbre était de nouveau en sursis.

Alors les gens qui espéraient que le cerisier vivrait éternellement établirent une Société pour la Préservation du Cerisier Usuzumi, et ils demandèrent au Dr T.Maeda ( Un botaniste spécialiste des vieux arbres) de déceler pourquoi l’arbre était mal en point. Après une inspection complète, il conclua qu’il fallait revitaliser les racines en faisant des grèffes avec de jeunes racines provenant d’autres arbres, ce qui fut fait. Le Dr et sa petite équipe greffèrent 238 racines entre le 10 mars et le 05 avril de la même année. Après cette délicate opération, l’arbre retrouva sa splendeur et les gens en profitèrent avec émotion.

En septembre 1959, Le cerisier fut sévèremment touché par un typhon appelé « Ise Bay Typhoon ». Les habitants de Neo se sont battus pour sauver ce vénérable arbre. Le 11 avril 1967, Ms Chiyo Uno, un auteur célèbre, lors de sa visite à Neo fut bouleversée de l’état sanitaire de l’arbre. Elle fit appel au gouverneur de la province de Gifu. Une barrière de protection fut construite par les habitants, des poteaux furent posés soutenant les branches et le tronc, et des fertilisants furent injectés dans le sol pour revitaliser l’arbre. Maintenant, le gouvernement local de Neo prend soin de l’arbre avec son propre budget, des aides du gouvernement et de la province de Gifu, ainsi que des donations privées.Et encore une deuxième fois le Cerisier Usuzumide Neo fut sauvé, comme le phoenix de ses cendres.

A Kyoto, Harsuki contemple le fleurissement des Cerisiers sur le chemin des Philosophes.

 

Ils commencent à fleurir au sud en montant vers le nord. Dans certaines villes, les cerisiers et Prunus fleurissent en avance pour je pense 3 raisons : la pollution, les coupes régulières des branches, et les lumières parasites du soir. Je ne vous dis pas le nombre d’appareils photos que l’on peut croiser.

Le nom de « Usuzumi » dérive de la couleur pâle de ses pétales, lesquelles se transforment après un complet fleurissement. Les fleurs semblent être des étoiles!

 

 

John Gathright

John Gathright, sa maison dans les arbres et l’école de grimpe

Dès son plus jeune âge John san avait un rêve multiple : vivre au Japon, fonder une famille, construire une maison originale et créer une école de grimpe. Ce rêve il l’a concrétisé. Il habite à Jyokoji, près de Nagoya, vers le centre du pays.

chambre d’amis fabriquée avec des barriques de soupes. Tout comme la cuisine, la salle de bains, le bureau...

Il s’est construit une maison à partir d’anciennes barriques de soupe Mysso et consacre une bonne partie de son temps à aider les handicapés à grimper dans les arbres. Je l’ai rencontré pour la première fois à Sendai où il faisait une conférence sur son histoire, sa famille, son travail avec les enfants et les adultes. Les Japonais raffole de ces styles de conférences. J’avais pris contact avec John il y a quelques années par le biais du site Internet des arboristes américains (www.treeclimbing.com).

Avec sa famille du Japon, ses amis et son frère qui est resté en Colombie Britannique, ils utilisent tous les moyens pour sensibiliser le public (Internet, Télévisions, Journaux et magazines, écoles de grimpes…) en aidant aussi des personnes âgées qui n’ont pas une bonne retraite, ces personnes deviennent comme des gardiens de quelques forêts, ils doivent l’entretenir. Comme cela, John et ses élèves peuvent pratiquer en toute quiétude leur passion favorite : grimper aux arbres. John Gathright m’a aidé à réaliser, moi aussi, un de mes rêves : aller photographier les vieux Cryptomeria japonica de l’Ile de Yaku-shima (au Sud du Japon).

potier à Seto

Les potiers et céramistes de Seto

Non loin de chez lui se trouve la ville de Seto, connus pour toutes ces poteries, faïences et porcelaines. je n’étais pas intéréssé de flâner dans les différents magasins et je préférais connaître les ateliers des artistes potiers, sans doute me faisant rapeller mon père. Un jeune potier m’a fait découvrir son atelier et ceux de ses amis. Je leur en remercie.

L’Ile de yaku-shima et sa forêt pluviale sacrée :

L’Ile Yaku-shima est un des Patrimoines Mondiaux de l’Unesco et abrite encore une forêt pluviale tempérée. Pendant des siècles, montagnes et forêts de l’île étaient sacrées. Les arbres n’étaient pas abattus et cette sacralisation a permis la survivance de riches écosystèmes. Cependant, la demande en bois se faisant grandissante, ne serait-ce que pour construire des temples, on se mit à exploiter, comme d’autres forêts sacrées japonaises, celle de Yaku-shima.

June à Anbo
June à Anbo dans son jazz pub

Je suis arrivé sans avoir de contact, seulement le nom et numéro de téléphone d’une jeune japonaise : June. Sans pour autant me connaître, elle est venue au débarcadère où arrivent les ferries et les bateaux rapides tel le «Toppy», que je n’apprécie pas, car il va trop vite, les gens ne parlent pas entre eux, et on ne peut même pas aller sur le ponton, pour humer l’air du grand large.

June m’a accueilli dans son Jazz- pub d’Anbo, où nous avons bien sympathisé. Son pub est fort charmant et on comprend que les gens de l’île sont fiers des Cryptomeria japonica. Ses tables sont fabriquées avec des coupes d’anciens Cryptomeria. Certains ont sans doute plus de 500 ans. Cela donne une superbe ambiance à son pub. En même temps que siropter un verre, vous pouvez lire les courbes annuelles de ces anciens troncs, et peut être connaître l’histoire des forêts pluviales.

Saburou Yamasaki (à gauche)

Le lendemain, en cherchant une chambre d’hôte peu cher, et en dinant dans un restaurant traditionnel, j’ai rencontré Yamasaki Saburou. Il est revendeur de chaussures et surtout de Ghetta, la chaussure japonaise traditionnelle faite de bois. Comprenant que je ne pouvais pas payer une nuit d’hotel, il me l’offrit. Nous devinrent bons amis.

Aïda san et Jérôme Hutin, dans le refuge à Yakushima.

Pour aller dans la forêt pluviale, il fallait que je trouve un guide naturaliste bénévole, quel défi lorsque l’on sait que cette île est très touristique. June m’avait indiquié Aïda san. Il travaille pour une petite société de randonnées, et il parle parfaitement l’anglais. Avec son patron Nakata Takaaki et lui-même, nous avons conclu un contrat : des images contre 2 jours de randonnées pour aller voir «Jomon-Sugi ».

J’ai aussi négocié une belle chambre d’hôte (guesthouse), chez Kiyomi et Sethuko Yamada ; je ne pouvais pas payer 4000 yens la nuité, alors ils m’ont fait un prix réduit accompagné d’un bon repas. J’étais rempli de vitamines pour grimper et contempler cette forêt sacrée.

Ile de Yakushima

Sur cette île, la végétation est fort différente de celle du Japon intérieur : près du littoral, elle est subtropicale, pour devenir plus tempérée et enfin subalpine au fur et à mesure que l’on monte en altitude. La forêt pluviale tempérée est caractérisée par les Abies firma, les Tsuga sieboldii et le Cryptomeria japonica (Cèdre rouge du Japon), le plus célèbre. Autrefois de grandes étendues du sud du Japon étaient recouvertes de ces forêts tempérées, maintenant détruites en grande partie ; d’où la valeur prise par celle de Yaku-shima aux yeux des Japonais.

Camélia japonica

C’est une longue randonnée qui permet d’atteindre le « Jomon sugi » , le Cryptomeria japonica le plus ancien du monde et le plus vénéré par de nombreux touristes. On lui donne entre trois mille et sept mille deux cents ans, ce qui me laisse assez perplexe. Pour faciliter l’ascension, mais aussi pour protéger les racines, des escaliers faits de bois ou de grosses pierres ont été construits, un travail titanesque ayant nécessité une grande patience.

Le Cryptomeria japonica, qui pousse entre six cents et mille huit cents mètres d’altitude, a une grande importance pour les gens de l’île où il est appelé « Sugi ». Quand ces arbres dépassent les mille ans, ils deviennent « Ko-sugi », tandis que les « Yaku-sugi » auraient, eux, plus de trois mille ans, comme «Dayo-sugi» le roi des cèdres (sugi = Cèdre). Le plus célèbre cependant, celui qui attire les foules, reste, bien sûr, le «Jomon-sugi». En étudiant, sur certaines souches ou troncs morts, les courbes annuelles de croissance, j’ai estimé que ces arbres grandissaient de un millimètre par an, ce qui indique que leur croissance est lente. Si l’on se réfère à cette estimation et si l’on considère que le «Jomon-sugi» a un rayon approximatif de deux mille sept cents millimètres, il est facile de se rendre compte qu’on est loin des sept mille ans. De plus, on sait qu’il y a environ six mille ans une grande éruption volcanique aurait décimé la nature en un rien de temps. Est-il pensable que notre arbre vénérable et vénéré puisse être un survivant de ce cataclysme ?

Une autre particularité de cette petite île est la diversité de sa flore et de sa faune. Certaines espèces de plantes (quatrevingt quatorze) concentrées sur les hautes montagnes centrales sont endémiques et l’une des caractéristiques de cette végétation est l’exubérance des épiphytes, particulièrement en haute altitude. Parmi les espèces animales, le macaque Macaca fuscata yakui et le daim « sika » (Cervus nippon yakushimae) sont endémiques à l’île et remonteraient à trois mille ans. Quatre espèces d’oiseaux présents sur l’île dont le merle ryukyu (Erithacus komadori komadori) et le pigeon des bois (Columba janthina janthina) sont désignés comme monuments naturels. C’est dire toute l’importance de cet écosystème.

Pour aller dans la forêt pluviale, il fallait que je trouve un guide naturaliste bénévole, quel défi lorsque l’on sait que cette île est très touristique. Aïda san travaille pour une petite société de randonnées, et il parle parfaitement l’anglais. Avec son patron Nakata Takaaki et lui-même, nous avons conclu un contrat : des images contre 2 jours de randonnées.

Le chemin est long et dur pour accéder au pied des arbres mythiques. Nous y avons rencontré ces macaques absolument pas effarouchés, qui nous observaient en sautant de branche en branche et que j’ai pris plaisir à photographier. Tout au long du sentier des souches d’arbres abattus rapellent l’existence de la forêt pluviale ; l’une d’elles, énorme, abrite une source qui passe à l’intérieur et un petit autel.

A l’approche du sommet, la taille des arbres devient impressionnante, car peu ont souffert de l’exploitation. J’ai vu dans la brume le « Dayo Sugi ». Cependant nous n’étions pas au bout de nos peines, il y avait encore de nombreuses marches à monter, c’était un véritable pèlerinage. Enfin, nous avons atteint notre but et j’ai vu, pour la première fois au clair de lune, le «Jomon-sugi».

Arrivé près d’une petite hutte où nous allions nous reposer, j’ai vu quatre petites étoiles dans la nuit. C’était les yeux de deux daims, mère et enfant.

Dans la soirée et toute la nuit, je me connectais avec l’esprit des arbres et des daims ; je leur demandais que je souhaitais avoir un splendide brouillard dans la forêt et des daims sous « Jomon-sugi ». Le lendemain matin, vers 6h, le soleil se levait, et j’ouvris la porte. Sous une lumière enchantée, les troncs des arbres mouillés et brillants, montraient leurs myriades de couleurs. Les deux daims étaient encore présents, ayant sans doute dormis fidèlement près de la cabane. Je leur donnais un peu de ma pomme. Ils ne partaient pas, je les prenais en photos, faisant revivre en moi mon passé lorsque je souhaitais devenir photographe d’animaux sauvages. Pourquoi sauvages ? Ils ne le sont nullement ! L’Homme est bien plus sauvage que les autres animaux. Je dis au japonais de prendre leur temps quand ils viennent ici. Ils ont tant de chance d’approcher les daims et autres animaux. En France, ils sont sauvagement chassés, ils sont effrayés et leurs territoires diminuent. Je connais plus les forêts étrangères que celles de la France. Quel dommage !

J’ai encore demandé aux daims et à la forêt que je souhaitais avoir des daims sous le plus célèbre Cryptomeria japonica. En arrivant au pied de « Jomon-sugi », que je voyais de jour pour la première fois, j’étais en extase, mouillé et heureux, mais pas de daim. Je pris une première série de photos. De la mousse sur le côté du tronc, le sol abîmé par les compactages du sol, mais encore là, des actions sont engagées pour sauver cet arbre vénérable, le maitre incontesté de la forêt pluviale de Yaku-shima. Je l’appèle le « Mori sansei » (le Maitre de la forêt). Il est connu pour avoir un visage sur son tronc. Je l’ai vu : les deux yeux, le nez et la bouche.

Puis Aïda me dit : « Regardes le daim ! »

Je le vis et mon rêve se réalisa, la forêt et les daims avaient sans doute entendu mes pensées. Le petit daim n’a pas bougé pendant plus de 40 minutes ! Quelle merveille, moment unique, gravé pour la vie dans ma mémoire, mes films et mon livre.

C’est dans cette même forêt que nous avons rencontré le « Meoto-sugi », le plus beau mariage d’un couple-cèdre. Un mâle et une femelle de Cryptomeria japonica sont liés par une gigantesque branche sur laquelle, en regardant attentivement, on peut voir un bébé arbre qui pousse là. Comment la nature peut-elle créer une telle chose ? C’est réellement magique !

Puis accompagné tout du long par ce paysage forestier sensationnel, nous sommes redescendus dans la vallée, à Anbo.

Lorsque je suis revenu de mon expédition avec Aïda, je suis revenu dans la même chambre d’hôte, et nous sommes devenus amis. J’ai pu me régaler en mangeant des sashimis (poissons crus) pechés le jour même par Kiyomi, dont le poisson de différentes couleurs sublimes appelé le « Bera Budai », ainsi que des sushis maison, des légumes de leurs potagers dont le « satoimo » qui est un des légumes quotidiens, des fruits de la passion, beaucoup d’oranges car c’est une spécialité de Yaku-shima.

La mère de Kiyomi m’a montré comment on faisait les dangos (confiserie faite avec deux plantes : le saren et le Tswa. Kiyomi m’a fait découvrir une partie de l’île, puis je suis revenu sur Kagoshima.

La première fois où je suis arrivé à Kagoshima, je souhaitais réunir les enfants de l’école de Kamou sous le plus gros Camphrier du Japon.

Pour réaliser cette photo avec les enfants, comme c’est le cas pour d’autres arbres avec enfants au Japon, je suis allé à la mairie de Kagoshima, sans pour autant parler japonais et je leur ai montré une petite feuille dont voici la copie expliquant que j’étais un photographe explorateur, spécialisé dans les vieux arbres. Puis ils pouvaient lire aussi en japonais que je souhaitais réunir les enfants de l’école au pied de ce vieil arbre.

Alors que l’on dit qu’il faut du temps pour organiser des événements comme celui-ci, pas du tout. C’était tout de même un challenge surtout lorsque l’on ne parle pas leur langue. Le temps de trouver quelqu’un qui pouvait parler anglais, ce qui fut le cas pour Kuboshima san, et avec Fusako Simozono, ils ont appelé l’école de Kamou. Le principal fut entièrement d’accord de réunir dans la journée quelques enfants soit une centaine. En sachant que les Japonais peuvent être plus que serviables, Fusako et Kuboshima m’ont accompagné au bus et ont donné un message au chauffeur pour lui indiquer où je devais descendre. Et comme beaucoup d’enfants du Japon, leur signe préféré est celui de la paix!

Le camphrier de Kamou, Kagoshima ken:

Ce camphrier ou Kusu, est un de mes arbres japonais favoris  depuis que j’ai étudié quelques livres sur les vieux arbres de ce pays. En effet, il serait le plus gros camphrier du Japon, avec ses 24,20 mètres de circonférence et ses 30 mètres de haut. Son tronc est bel et bien creux et pendant des années, il fut possible de rentrer dedans.

Il a aussi subi les typhons, des orages, différentes intempéries et maintenant les milliers de touristes passent par ici pour quelques minutes, comme un coup de vent.

Les racines furent sans doute abimées par le compactement du sol, et avec les années cela ne s’est pas arrangé.

Un peu avant l’An 2000, une restauration exemplaire fut effectuée pour protéger ce magnifique camphrier. Une estrade en bois a été magnifiquement réalisée tout en préservant le système racinaire. Et si vous regardé autour de la petite porte, des centaines et des centaines de morceaux d’écorces ont été rassemblés pour reconstituer certaines parties du tronc. On a du mal à voir la différence, et l’arbre recouvre cette mozaique. Cela est très rare que des restaurations soient effectuées avec un immense respect pour l’Arbre qui est le vrai sage du lieu.

Dans d’autre pays comme la france, l’on préfère penser « sécurité du public » au lieu de penser « respect de l’arbre ».

Ce camphrier aurait 1500 ans, je peux le croire.

Pour remercier mes nouveaux amis de la Mairie,   je leur ai réalisé un diaporama. Nous l’avons organisé au café internet, non loin de la gare de train. Je suis allé revoir mon Yamasaki Saburou et sa soeur et ils m’ont offert un superbe repas.

Ibusuki, le groupe Jomon Mori :

Vous pouvez télécharger la carte et les détails de l’association: 337KB

Malgré que le Japon soit un gros consommateur de bois et ce n’est le seul, des associations japonaises recensent aussi leurs vieux arbres. C’est le cas non loin de Kagoshima, à Ibusuki. Le groupe Jomon mori recense les anciens arbres de leur province, afin de mieux les protéger. Des panneaux historiques et détaillés sont édifiés près des arbres. Jomon Mori essaie de sensibiliser les habitants et comme me l’a dit leur président Nagata Kazuto, leur but est aussi de replanter des millions d’arbres afin que l’écosystème d’avant l’éruption du volcan, il y a 6000 ans et qui avait anéhanti toutes vies, renaisse. C’est un travail de plus de 100 ans, affirma Nagato Kazuto.Là-bas aussi je leur ai fais un diaporama et ils ont apporté suchis et sachimis. Quel délice!

Les membres de ce groupe m’ont montré quelques arbres anciens, des camphriers, des ficus, et bien d’autres. Un de leur préféré est un Ficus qui pousse sur les rochers d’une plage. Lors d’un terrible typhon, l’arbre se renversa et tous ensemble, ils relevèrent le brave Ficus. L’arbre pousse tout de même dans un milieu salé et il est fort résistant. Il fut sauvé par Jomon mori.

Le camphrier de Takeo

Un autre arbre sacré fort spectaculaire est celui de Takeo, près de la ville de Saga.

Ce camphrier vit depuis plus d’un millier d’année. Pour arriver au chevet de son tronc, il faut tout d’abord entrer par le temple, puis marcher tranquillement sur le chemin. Arriver en haut, on tombe en extase devant ce magnifique camphrier, déployant de part sa forme, son tronc déchiqueté et entrouvert, tout un rayonnement énergétique. Admirez la Nature, et vous ressentirez sa puissance, tel un maître à son sommet.

Dans son tronc a été édifié un petit autel (shrine), sacralisant cette sentinelle millénaire comme c’est le cas pour d’autres arbres dans le monde et une corde sacrée encercle son tronc. Il est interdit de venir à son pied car le sol meuble et fragile pourrait endommager ses racines.

Lors de mon retour vers Kyoto, j’ai discuté avec Zoe ; elle s’était assise près de moi dans le train. Nous avons discuté sans voir les minutes défiler. Puis naturellement elle m’a fait un don pour mon voyage et mon projet. Elle m’a aussi suivit sur le quai du Shinkansen, et alors que le train démarrait, elle courrue pour me dire au revoir. Je fus si ému.

Pourquoi ne pas s’arrêter pour profiter de chaque instant ?

A Kyoto, j’ai fait connaissance avec les propriétaires de Buttercups Café dont Hiroshi et Mama san. Ils ont été merveilleux avec moi. Tout d’abord, je souhaitais réaliser des diaporamas-conférence pour financer mes prochains voyages. Alors Hiroshi était bien d’accord que j’utilise son café mais aussi il m’avait dit de contacter le Honen In Temple. En effet je remercie Masako Kajita et son époux, le prêtre du temple pour m’avoir accueillis à Honen In pendant quelques jours pour réaliser une conférence, laquelle a eu un franc succès.

J’ai tout d’abord mis en place mon exposition à Buttercups Café pour trois semaines dont les cadres furent prêtés par l’Institut Fanco-Japonais, puis avec Hiroshi et Katherine White, nous avons organisé le diaporama. Un autre fut organisé au Café Indépendant. Katherine avait travaillé pour JEE (Japan Environment Exchange) et elle écrit sur l’environnement. Elle a aussi écrit un article sur mes voyages et mon projet de protection des arbres qui a été publié dans le « Kyoto Journal ».

Pendant mes diaporamas j’ai pu sensibiliser quelques personnes et leur parler aussi de la déforestation. Personnes ne savent réellement ce qui se déroulent en Tasmanie. Maintenant ils savent. Comme quoi la censure existe toujours !

Mon séjour à Kyoto fut enrichissant, j’ai bien sûre vu de splendides temples, jardins, mais aussi rencontré des personnes riches dans leur cœur comme dans leurs pensées, dont Mia avec qui j’ai passé un excellent moment lors d’une randonnée dans les monts de Kyoto où nous avons marché sous la lumière de la pleine lune et échangé nos pensées.

Après quelques beaux articles dans les journaux, et juste qu’en j’allais décrocher mon expo, Monsieur Kazuhiko Hasegawa, le PDG de « Sagano Scenic Railway » de Kyoto, avait souhaité m’acheter cinq grands tirages au format 1×2 mètres! Deux jours plus tard, je lui emmenais à sa gare touristique, sachant qu’il souhaitait les accrocher sur les grands murs blancs. Il me confia qu’il était si occupé dans son business, qu’il ne pouvais réaliser un de ces rêves, celui d’aller voir les arbres vénérables de la Planète. C’est pour cela qu’il souhaite avoir mes photos. Je le remercie de tout mon coeur.

Avant de repartir du Japon je désirais deux choses : cuisiner un repas d’adieu pour amis de Kyoto. Alors je leur ai préparé une bonne cuisine basque. Et aller voir le Camphrier « Kungaisho » d’Osaka, mais je souhaitais le faire découvrir à d’autres.

Le Camphrier « Kungaisho » d’Osaka :

Tout en discutant au Buttercups Café, parlant de mon exposition, j’ai rencontré Maki et Hitoshi. Ils furent enchantés de me conduire sous cet arbre gigantesque et encore plus emerveillés de le découvrir. Maki fut grandement touchée par ce vieil arbre ; Elle s’y est relaxée et l’arbre lui a offert tant d’énergie. Et je suis tombé sous le charme de Maki. Hitoshi, qui fut le premier à grimper dans le camphrier. Il y a découvert un nouvel ami vivant là depuis plus de mille ans. C’est aussi un arbre sacré et comme dans d’autres lieux d’Asie, un temple est construit tout autour.

Pourriez vous imaginer comment fut ce lieu, quelques centaines d’années auparavant lorsque Osaka n’existait pas, et où la pollution industrielle n’était pas connue.

Une des excroissances au bas du tronc, pourrait ressembler à un mammifère marin et en haut du tronc, là où mes amis embrassent une grosse branche, cette dernière ressemble à un pénis humain. Alors peut être faut-il croire à la réincarnation et aux légendes, en tout cas, mes amis étaient sans doute à l’emplacement le plus énergétique d’Osaka !

Himi, près de Toyama:

En ce lieu, vit depuis quelques années un petit arbre, lequel pousse sur son rocher comme un ascète. C’est une toute petite île à une cinquantaine de mètres du bord de la plage et de la voie de chemin de fer. Mais j’ai connu cet arbre sacré grace à Denisa et Mia, que j’ai rencontrées à Buttercups café de Kyoto. Denisa m’avait entendu parler dans le café concernant biensure les vieux arbres. Cela lui fit rappeler un souvenir et à moi aussi. Tofino, l’Ile de Vancouver, la Colombie Britannique en septembre 1996. Et oui, nous nous sommes rencontrés la première fois à Tofino, 5 ans auparavant et nous n’avions jamais repris contact, même pas échanger nos adresses. Quelle destinée ! Que la planète est si petite ! A cette époque, je faisais un reportage sur la forêt pluviale de Colombie Britannique, et je souhaitais trouver des randonneurs qui auraient souhaité venir en forêt avec moi pour plusieurs jours. Denisa et son ami furent présent ; nous avons discuté au café de Tofino mais ils ne sont pas venus avec moi. 5 ans plus tard, je la revois au Japon. C’est fou comme la vie peut vous faire des surprises. Plus tard, de bon cœur, elle me donna une carte postale représentant un arbre sur son rocher, dans l’océan lors du lever de soleil.

Mais où se trouvait cet arbre? Je souhaitais absolument le trouver. Quelques jours plus tard, après avoir rencontré Mia, elle me dit « mais il est à Himi« . J’aurais tellement aimé que Mia me suive là-bas, mais encore une fois je partis tout seul.

J’avais décidé de dormir à la belle étoile sur la plage, pour être prêt et photographier cet arbre avec le lever de soleil. Lorsque je me suis allongé dans mon sac de couchage et lever mon regard vers les milliards et milliards d’étoiles et planètes, j’apperçu soudain une immense étoile filante, quelle splendeur ce court instant que seul mes yeux et cerveau ont mémorisé à vie. Plus tard dans la nuit j’en ai vu une autre. Les beautés de l’Univers n’apparaissent qu’à ceux qui savent les observer.

Quand je me suis éveillé de bon matin, le soleil était déjà au rendez-vous, alors j’ai pris mes jambes à mon cou (c’est là que nous voyons la course folle du soleil pour nous offrir toute son énergie), et la surprise fut de taille : 7 japonais étaient déjà présents avec leurs matériels photographiques, alors que j’avais passé toute la nuit sur la plage ! Cela ne m’a pas empêché de faire de belles images, comme celle du faucon volant et virevoltant autour de cet arbre, lors du crépuscule. Je dédie cette photo à Denisa et Mia.

J’ai finis mon petit périple japonais en repassant par Tokyo où j’ai participé à la conférence du « Jour de la Terre » (Earth Day Tokyo 2001). J’y ai rencontré Anzai, le président de l’organisation. Nous avons très bien sympathisé spécialement à notre première rencontre. Je l’ai rencontré en bas du Washington Hôtel, tout près du Metropolitan, soit la mairie de Tokyo. Cet hôtel est un immense batiment blanc, muni de plein de petite fenêtre. L’idée a surgit d’un seul coup, j’ai dis à Anzai que c’était un écran de projection idéal pour montrer des photographies et des films sur la Nature : un écran de 70m x70m ! Alors Anzai et moi, nous sommes lancés le défis de réaliser ces projections géantes d’ici 2002 ! A suivre…